Professeur de design à l'École internationale de Genève (Campus des Nations) depuis 2010, j'y enseigne selon le cycle IB/MYP et j'anime le Fab-Nat, le laboratoire de fabrication numérique que j'ai créé en 2022 — impression 3D, découpe laser, projets interdisciplinaires. La conception et la fabrication au cœur de l'apprentissage.
À mon arrivée à Genève en 2005, j'ai pris en charge la conception et le déploiement du réseau informatique du Campus des Nations, dont j'étais le responsable informatique — avant de basculer vers l'enseignement du design en 2010.
En France, j'ai exercé — sous décharge d'enseignement — les missions d'un responsable systèmes et réseaux à l'Académie de Grenoble : déploiement de ~700 serveurs Linux (SLIS, l'internet scolaire), gestion du serveur DNS de l'Académie, rédaction de la documentation nationale de référence sur ces déploiements.
À l'Académie de Créteil, j'étais professeur de technologie, animateur du Point Média-Conseil et membre du pôle d'expertise réseau pour le développement des réseaux scolaires.
Dès 1995, le Robot Pédagogique — conçu au lycée Louis Lachenal (Argonay) où j'enseignais le génie mécanique et formais les enseignants aux TIC (IUFM) — ; en 2000, hydroturbine.info. La mécanique, la robotique, les turbines et la pédagogie par le projet étaient déjà là. Le même fil rouge court depuis trente ans.
Face à une situation de design, les élèves identifient le problème à résoudre. Ils analysent le besoin, mènent une enquête sur la nature du problème et rassemblent les contraintes.
Qui est l'utilisateur ? Quel contexte d'usage ? Quelles limites ? La réponse à ces questions forme le cahier des charges qui guidera toute la suite.
À partir du cahier des charges, les élèves développent et comparent plusieurs pistes. Ils esquissent, argumentent, rédigent une spécification détaillée.
Chaque piste est justifiée, pas seulement dessinée. La direction retenue doit pouvoir s'expliquer face au besoin identifié en étape 1.
Les élèves planifient la fabrication — matériaux, outils, étapes, délais — puis réalisent un prototype suffisamment abouti pour être testé.
La planification précède toujours la fabrication : on ne coupe pas avant de mesurer. Du fichier CAO au Fab Lab, de l'esquisse à l'objet réel.
Les élèves conçoivent des tests, les mènent objectivement et mesurent le succès de leur solution. Ils identifient les axes d'amélioration et l'impact sur l'utilisateur final.
Les critères d'évaluation sont définis avant la fabrication — ce qui force à clarifier ce que « réussi » veut dire. Le cycle se referme, et se relance.

J'enseigne le design IB/MYP et j'initie chaque projet de mes élèves : je leur soumets une situation réelle, un besoin à résoudre. À eux d'appliquer le cycle de conception pour trouver la meilleure réponse.
Je les guide à travers les étapes : analyser le besoin, explorer des pistes, prototyper, puis réaliser une solution pérenne. En 2022, j'ai créé le Fab-Nat — découpe laser, impression 3D, grand format — pour que la fabrication soit au cœur de l'apprentissage, pas une option.
Chaque projet se conclut par une évaluation critique : le produit face au besoin initial, la démarche dans son ensemble. C'est ce retour réflexif qui fait la différence entre exécuter et concevoir.

J'ai proposé aux professeurs de géographie de mon établissement de transformer leurs cartes 2D en modèles 3D imprimés. Ils ont accepté immédiatement — mais il fallait leur mettre le pied à l'étrier : j'ai créé la première carte moi-même, de A à Z.
J'utilise QGIS + DEMto3D à partir des données LiDAR HD de l'IGN (1 m de résolution) pour générer des modèles imprimés à 1/9 000–1/60 000. Chaque modèle est accompagné de sa carte IGN 2D, d'un fichier KML Google Earth et d'une visionneuse 3D en ligne.
En classe, les élèves relient enfin courbes de niveau et relief réel, calculent des superficies de glaciers, tracent des profils altimétriques. 12 environnements alpins validés — Mer de Glace, Aiguille du Midi, Cirque de Gavarnie, Vallée de Chamonix et plus. La montagne entre les mains.

En 2000, j'ai créé hydroturbine.info pour documenter mon expérience personnelle : concevoir et fabriquer une pico-turbine Pelton pour alimenter mon chalet d'alpage isolé. Depuis 25 ans, le site condense tout ce que j'ai appris — calculs, plans, choix techniques, erreurs comprises.
J'y propose un guide en 6 étapes : évaluer le potentiel du site, choisir le type de turbine, dimensionner les organes, concevoir la roue, sélectionner la génératrice, régler la régulation. J'ai moi-même transformé un moteur asynchrone triphasé en génératrice à aimant permanent.
L'objectif : transmettre 25 ans d'expérience à tous ceux qui veulent se lancer, car ce domaine n'est pas pris en charge par les industriels — chaque installation est unique, chaque solution est à inventer.

J'ai créé picohydro.net pour aller plus loin qu'un site statique : la pico-hydroélectricité n'est pas un domaine travaillé par les industriels, et ceux qui se lancent ont besoin d'échanger, pas seulement de lire.
Le forum est la suite logique de hydroturbine.info — là où le site pose la théorie, ici on discute des projets en cours, de législation, de choix techniques, et on partage les retours d'expérience de terrain entre passionnés.
Je rédige également un livre blanc sur la pico-hydroélectricité — un document de référence complet, de l'évaluation du site à la mise en service — pour rendre cette énergie accessible à tous.

J'assemble des systèmes électroniques de A à Z : un Raspberry Pi pour la puissance de calcul, un Arduino ou un ESP32 quand un microcontrôleur suffit — moins gourmand, toujours allumé, parfait pour piloter un relais ou déclencher une action à heure fixe.
Ces briques — carte, capteur, script, boîtier imprimé en 3D — s'assemblent en machines autonomes. J'ai ainsi conçu et fabriqué moi-même un système de timelapse complet, déployé dans mon alpage, alimenté par ma turbine, qui fonctionne sans intervention depuis des années.
C'est l'esprit du maker discipliné : débrouillard, oui — mais la débrouillardise sans rigueur ne donne rien de fiable. Chaque projet impose de la méthode et de la constance. C'est d'ailleurs ce que je transmets à mes élèves.
Désireux de suivre l'évolution de mon alpage depuis chez moi, j'ai conçu et fabriqué ce système de A à Z. Depuis 2019, il capture automatiquement plus de 6 000 photos par jour, puis assemble chaque soir une vidéo condensée de 3 minutes.
L'installation est alimentée par ma turbine hydroélectrique — pas de réseau, pas de batterie externe, juste l'eau du ruisseau. Une contrainte qui m'a forcé à optimiser chaque composant pour une consommation minimale.
Dans ces 3 minutes : les orages qui s'approchent, les animaux qui traversent le champ, l'avancée des avalanches, les changements de lumière heure par heure. Une archive vivante du lieu, saison après saison, depuis la maison.
Avant Genève : turbines Pelton, robotique, randonnées Mont-Blanc. Une pièce d'époque qui prouve que le fil rouge ne date pas d'hier.